histoire du village

UNE PAGE D’HISTOIRE

1°) Les origines : ” VALHUON ” ou ” VALLIS HUGONIS ”

Plusieurs hypothéses : ” VALLIS ” (vallée en latin) et HUON (nom d’homme médiéval) : un seigneur de Bordeaux nommé HUON, aurait trouvé la mort dans un val proche, au cours d’un duel.

” VALLIS HUGONIS ” provient du nom du château appartenant à HUGUES, comte de ST-POL.

Valhuon a pour origine ” VAL BOVON “, signifiant ” VALLEE DES BOEUFS “.

2°) Les seigneurs :

. VALHUON seigneurie domaniale des comtes de ST-POL, sera inféodée aux LE VASSEUR, vendue aux EOURCOL, puis aux BOUCQUEL.

. En 1285, Willaume de VALHUON en Cailly de Bapaume et ST-OMER.

. En 1500, les principaux seigneurs de VALHUON sont Pierre HIART, Jean du RIETZ, Mr d’ANTIGNEUL, Jean de HUCLIERS, Guillaume le VASSEUR.

. En 1603, Louis le VASSEUR, chevalier sieur de VALHUON, et sa mère Isabeau de FLEURY rachètent à François d’ORLEANS, comte de ST-POL, la seigneurie de VALHUON.

. La famille le VASSEUR s’éteint au XVII siécle.

. En 1775, meurt Charles BOUCQUEL, seigneur de VALHUON

Valhuon : une des 400 vues des villages d’Artois en 1605, 1610.
Volume réalisé par MM. BERGER et DUBOIS (commission départementale des monuments historiques), d’aprés les albums du Duc CHARLES DE CROY. (voir ci-dessous)

CURIOSITES ET MONUMENTS SOUS L’ANCIEN REGIME

_ l’église : Style gothique flamboyant,
intérieur de 1676,
portail de 1580,
cloche de 1618 (Marie-Christine, monument historique),
piérre tombale du XVIII siécle,

_ le château : porte de 1722,

_ l’ancien moulin : 1719.

3°) Situation matérielle du Pays en 1789

Les communes du Canton d’Heuchin avaient été cruellement éprouvées au début du XVIII siècle par les guerres dites de sécession.
Pendant les sièges d’Aire et de de Béthune en 1710, les armées du Duc de Villard et celles des alliés avaient ruiné, pillé, saccagé le pays. Les habitants avaient dû quitter leurs maisons, leurs biens, leurs richesses et bon nombre d’entre eux étaient morts de maladie, de misére ou de frayeur. La liste des morts à Bailleul les Pernes est de 90 sur 260 habitants. Heuchin, pour octobre et novembre, de 62 adultes sur 878 habitants. Les chiffres sont probablement à peu prés les mêmes pour Valhuon.

La population affolée s’était alors enfuie vers Boulogne, Blendecques et autres lieux. C’était une désolation indescriptible : les pasteurs des âmes eux aussi à l’instar de leurs ouailles, avaient abandoné leurs paroisses devenues désertes. Si les guerres de sécessions firent beaucoup de mal, la disette, le chômage et la cherté des grains rendirent bien malheureuse aussi la situation des populations de nos campagnes à la veille de la tournente révolutionnaire.
L’année 1788 avait été d’une sécheresse désolante et trés mauvaise pour l’agriculture ; l’orage dévastateur du 13 juillet avait détruit le peu de récoltes de la région – région si déshéritée d’autre part sous le rapport du commerce -.

A un été aussi désastreux avait succédé un hiver d’une rigueur excessive. L’hiver de 1788 à 1789 fut un des plus longs et des plus vigoureux dépuis un siécle.
Le froid commença le 24 novembre et alla toujours en augmentant jusqu’au 31 décembre.
Toutes les rivières, fleurs, rades les plus considérables furent gelées et obstruées par les glaces d’une grandeur et d’une épaisseur prodigieuses, qui arrétèrent même les communications entre Douvres et Calais.
On voit des oiseaux qui n’avaient jamais été vus en France, tels que l’alouette de Sibérie. A ce fléau se joignit une extrême cherté du blé qui était fort rare.

4°) Evenements politiques a Valhuon durant la Période Revolutionnaire

_ Elections de 1790

Les élections eurent lieu le 21 février 1790.
les lieutenants des villages convoquèrent à cette élection les citoyens actifs et domiciliés dans la commune depuis un an, et qui payaient une contribution de trois journées de travail, trois livres et n’étaient point serviteurs à gages.
Ceux-ci furent appelés à nommer l’administration municipale qui devait se composer d’un maire, d’un procureur appelé plus tard “agent national”, de deux officiers municipaux et de six notables destinés à former ce conseil général de la commune.
La charge du maire ne fut pas une sinécure au milieu de la disette à la liberté des individus.

_ Vente de biens des émigrés

L’assemblée Constituante décréte le 8 novembre 1791, la confiscation des biens des émigrés au profit de la nation.
L’important domaine que Jean Guislain Boucquel de Valhuon possédait à Valhuon fut vendu à la fin de 1795.

_ Plantation de l’arbre de la Liberté (1792)

Pour consacrer le triomphe de la REPUBLIQUE, on planta l’arbre de la LIBERTE “signe auguste” à l’ombre duquel devaient germer toutes les vertus “républicaines”.
On décréta donc que le dimanche 29 juillet 1792, il serait planté, dans toutes les communes du département, un arbre de la liberté, peuplier ou chêne et l’administration municipale était invitée à donner à cette cérémonie toute la solennité possible.
A VALHUON, la municipalté déploya un certain appareil, on réunit pour maintenir l’ordre cinq Suisses d’église avec leurs armes, on chanta “Vivre libre ou mourir” etc…; et on fit deux décharges de mousqueterie.
Une partie des habitants, qui ne partageaient pas les idées nouvelles criait pendant ce temps : “vivent les aristorcates ! à bas les patriotes !”.
Un individu, à moitié ivre, alla plus loin : il souilla de ses déjections l’écriteau que l’on avait attaché à l’arbre de la liberté, ce qui causa une grande indignation au district de Saint-Pol. Cependant, l’affaire n’eut pas de suite…

_ 1792 : Nouvelles Elections Municipales

Toutes les municipalités furent renouvelées en dècembre 1792.
A VALHUON, la lutte fut vive pour la nomination de la municipalité ; et les élections amenérent des troubles dans cette commune qui montra alors beaucoup d’indépendance.
Le conseil général de Valhuon, n’étant pas à la hauteur des idées du moment, fut cassé par le district de Saint-Pol en janvier 1793.
Les électeurs élurent une nouvelle municipalité dont on fut plus mécontent encore, et qui fut également cassée et le district de Saint-Pol choisit alors de sa propre autorité et soi-disant provisoirement quatre individus de la commune pour former le conseil municipal.

5°) Le clergé pendant le periode révolutionnaire

_ La constitution civile du clergé

Lors de la constitution civile du clergé, à l’exception d’un seul, tous les curés et vicaires du canton d’Heuchin refusérent de prêter tel qu’il était exigé par la Constitution.
Cependant, ils furent tolérés et exercèrent leurs fonctions jusqu’en septembre 1792 – époque où ils durent émigrer – le décret du 26 Août précédent soumettait à la déportation les prêtres non assermentés.
A VALHUON, il y eut quatre départs, les trois fréres Lamiot, Luois, Joseph et Antoine (tous les trois prêtres) et un vénérable vieillard Jean Louis Hubert Wathlet, né en 1719, ordonné prêtre vers 1743 et curé à Valhuon depuis 50 ans.
Valhuon reçut alors les secours d’abord de Monsieur Antoine Joseph Dussart, ex-vicaire d’Ostreville qui se cacha pendant plusieurs années de manière à se trouver prêt chaque fois que son ministère le réclamait ; c’est ainsi qu’il fit en secret les baptêmes et mariages et administra les sacrements aux mourants ; plusieurs autres prêtres, Messieurs Decarnin et Compiègne remplirent les mêmes fonctions en secret.
Le curé constitutuionnel de Valhuon était Jean Baptiste Gottrand, né à Valhuon en 1737, ordonné prêtre en 1762, qui prêta le serment à la constitution civile du clergé et fut alors nommé dans sa paroisse natale.

_ ” Pratiques religieuses ” en 1794

L’église de VALHUON servit à fabriquer le salpêtre.
Les ouvriers les plus intelligents allèrent à Saint-Pol faire leur apprentissage.
On defendait alors aux enfants de prier le Bon Dieu.
Les commandements de la République remplaçaient les commandements de Dieu.
Un officier municipal présidait aux enterrements qui étaient purement civils. On portait les corps directement au cimetière, sans les entrer dans l’église, dévastée et déserte. Aprés, la descente du corps dans la fosse, l’officier municipal y jetait une pelletée de terre en disant : ” au nom de la loi, c’est fini ” !
Deux religieuses, originaires de VALHUON, l’une soeur grise à Saint-Pol, l’autre aux chartreuses de Gosnay, s’étant laissées entrainer à prêter serment à la constitution civile du clergé, se rétractèrent solennellement devant la municipalité de VALHUON, aprés la chute de Robespierre, en l’an III de la République.

_ Retablissement du Culte – 15 juillet 1801

Dés l’ouverture des négociations pour le Concordat, les églises furent rendues au culte catholique.
Jean Hubert Wathlet, né à Berthoue, diocèse de Liiège en 1789, ordonné prêtre en 1743, exerça comme curé de Valhuon jusqu’à la déportation générale.
En 1801, après neuf années d’éxil, il revint dans sa paroisse, où il fut accueilli avec empressement ; chacun voulait voir, saluer, fêter, toucher de la main l’ancien curé, le digne confesseur de la foi.
Monsieur Wathlet reprit ses fonctions à Valhuon et Huclier. Les années et les infirmités l’obligèrent à demander un assistant ; il continua néanmoins d’exercer d’autant qu’il le pouvait, le Saint Ministère, voulant disait-il mourir les armes à la main.
Monseigneur l’évêque nomma pour l’aider et suppléer à ce qu’il ne pouvait pas faire, François Joseph Bloquel, ex carme chaussé de la maison d’Arras, né à Sains les Pernes en 1766, ordonné prêtre à Ypres en 1790, déporté en 1792 et rentré dans sa famille à Sains en 1795.

6°) L’administration de Valhuon en 1823

_ Le Maire : Joseph BOUDALIEZ
_ L’Adjoint : François DEFASQUE
_ Les conseillers : François BAYART, Nicolas DEBOFFE, Henri BAYART, Hubert ANSART, Alexandre LEROY, Jean-Baptiste CAPRON, Antoine TOURSEL, François-Joseph THERET

_ Le serment obligatoire du Maire : ” Je jure fidélité au Roi (Louis XVIII de 1815 à 1824), obéissance à la charte (1814), et aux lois du Royaume “

Maires de VALHUON depuis la Révolution

Bayart Antoine 1792 à 1803 durée 11 ans
Desgroiselliez Antoine 1803 à 1804 durée 1 ans
Fleury Antoine 1804 à 1808 durée 4 ans
Boudaliez Louis 1808 à 1813 durée 5 ans
Labre Augustin 1813 à 1821 durée 8 ans
Boudaliez Louis 1831 à 1826 durée 5 ans
Labre Augustin 1826 à 1931 durée 5 ans
Boudaliez Louis 1831 à 1844 durée 13 ans
Noeveglise Henri 1844 à 1847 durée 3 ans
Defasque François 1847 à 1848 durée 1 ans
Noeveglise Henri 1848 à 1852 durée 4 ans
Boulanger Auguste 1852 à 1859 durée 7 ans
Betourne Célestin 1859 à 1871 durée 12 ans
Defaste Victoric 1871 à 1896 durée 25 ans
Hedin Aimable 1896 à 1904 durée 8 ans
Duhautoiy Ernest 1904 à 1928 durée 24 ans
Barras Emile 1928 à 1929 durée 1 ans
Lejeunes François 1929 à 1963 durée 34 ans
Boutin Charles 1963 à 1983 durée 20 ans
Dieval André 1983 à 1989 durée 6 ans
Grut Roger 1989 à …….

Les Curés de la paroisse de valhuon

Crespins Nicolas 1618 à 1641
Dupuis 1641 à 1656
Guillemand 1656 à 1683
De Blavinghem Luois 1683 à 1691
Bechernand François 1691 à 1710
de Nuncq Nicolas 1710 à 1737
Cornuel Florent 1737 à 1744
Vasseur Léonard 1744 à 1751
Lemaire Antoine Joseph 1751 à 1763
Le Roulx 1763 à 1749
Wathlet Jean L. Hubert 1749 à 1792
Bloquel François 1804 à 1836
Lamiot Antoine décédé en 1795
Ansart Charles 1836 à 1871
Planque Léonce 1871 à 1876
Saloppe Jule 1876 à 1891
Delvalle julien 1891 à 1910
Bourgois Urbain 1911 à 1932
Maffrand Henri 1932 à 1937
Bernaud Paul 1937 à 1948
R.P. Delerue 1940 à 1942
Verhille Georges 1942 à 1946
Becobert Jean 1948 à 2008

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